Le chapitre du thriller en pleine écriture – Magalie

Chers loulous,

Dans ce nouvel article, tout beau tout frais, je vous présente les écrits d’une personne auteur en herbe (un chapitre, une poésie, une nouvelle …). J’ai remarque que nous étions nombreux à écrire sans publier (pour le moment ^^) alors j’ai souhaité donner la chance aux auteurs en herbe de pouvoir publier un bout ou une partie de leurs écrits quels qu’ils soient. Pour démarrer aujourd’hui, je vous présente Magalie et un chapitre de son thriller en pleine écriture nommé « Puzzle ». J’espère que ce petit bout d’une grande histoire comblera vos minutes de lecture. N’hésitez pas à donner votre avis à commenter et partager ! Très bonne journée à vous !

Chapitre du roman PUZZLE – Magalie

Depuis sa dernière sortie, il n’a cessé de pleuvoir, aussi Anna n’a pas pu continuer l’exploration du village. Il y a même eu de si violents orages ces derniers jours qu’elle est retournée chez elle en pleine semaine vérifier qu’il n’y a pas eu de dégâts. Les orages cévenols sont imprévisibles et d’une violence rare.

Ayant passée la nuit dans son village de Saint-Ferréol-du-Castanier, elle revient au Puech alors que le jour est à peine levé. Dès son arrivée, elle entend des voix, ce qui est très inhabituel, le village est toujours très calme et silencieux. À l’approche du chemin principal, elle voit un attroupement au centre du lieu-dit. Les villageois parlent tous en même temps, ils semblent agités. Anna les rejoint en se faisant la plus discrète possible, elle sait qu’ils s’arrêteront de parler s’ils la voient et elle ne pourra rien savoir. Elle se fond dans la masse mais reste un peu à l’écart. Elle ne capte que quelques bribes de conversations :

— …n’est pas rentré de la nuit…

— Encore un !

— Il est revenu, c’est affreux !

— Il faut surveiller nos petits…

— …et pourquoi maintenant ?

— Après vingt-cinq ans de calme, ça recommence !

— …plus rapide qu’avant !

— C’est décidé, on va partir !

— Personne ne part !

— Pas de panique, le petit va revenir…

— Les autres ne sont pas revenus.

Cette femme qui pleure, Anna la reconnaît : c’est la maman de Cristol et Aubréa Mazel. En un éclair, une image terrifiante s’impose à Anna. Elle sent une angoisse la saisir, des perles de sueur froide coulent au creux de ses reins. Non, ce n’est pas possible, elle est folle de penser à ça ! Pourtant, les pièces du puzzle se mettent en place dans sa tête inexorablement. Elle reste là, figée, les yeux ronds. Elle entend quelques autres remarques qui lui apprennent que c’est le petit Cristol qui est concerné. Puis, comme une furie, elle traverse le groupe pour se précipiter dans sa classe. Il faut qu’elle vérifie quelque chose.

Tous les villageois présents s’arrêtent instantanément de parler et la regarde s’éloigner, ils s’interrogent du regard : depuis combien de temps était-elle là ? A-t-elle entendu trop de choses ? A-t-elle compris ? Va-t-elle poser des problèmes ? Puis, sans plus de discours, Monsieur Fabre disperse la population et chacun rentre chez soi.

Anna sait qu’elle a fait une erreur mais la situation est trop importante pour prendre des gants. Arrivée dans sa classe, elle se précipite sur les dessins de rentrée faits par les maternelles. Elle n’avait pas vraiment pris le temps de les regarder, mais elle se souvient avoir vu quelque chose de bizarre, il faut qu’elle vérifie. Ses mains tremblent, elle espère que ce dessin n’apportera pas une preuve supplémentaire.

Non, ce n’est pas possible.

Anna a trouvé le dessin, une famille avec le père, la mère, la grande sœur et la petite sœur, ensemble, regroupés sur la partie droite de la feuille, et puis le frère seul dans l’angle à gauche, allongé par terre. Elle retourne la feuille, même si elle sait déjà qui a fait ce dessin : c’est Louise Roux.

Tout concorde : les deux élèves absents et les excuses incohérentes, la tristesse et la peur des enfants à leur évocation, ce dessin, le nom du village, la légende, l’angoisse des parents de Pierre le soir de l’observation des étoiles, l’impossibilité pour Magali de partir avant les dix ans de son frère…

Trois enfants ont disparu en cinq mois, tous de la même tranche d’âge : 8-9 ans. Il y a un prédateur dans ces montagnes. Pourquoi personne n’est partie à la recherche de Cristol ? Pourquoi lui avoir caché ces disparitions ? La police a-t-elle été prévenue ?

Il lui reste un peu de temps avant le début de la classe, Anna sort en trombe et se met à parcourir le village en appelant Cristol, Baptiste, Frédéric. De grosses larmes coulent sur ses joues, elle est perdue, elle ne comprend pas pourquoi personne ne fait rien ? On ne peut pas laisser un petit garçon de huit ans, sans défense, seul. S’il a disparu dans la nuit, on peut encore le retrouver. Il s’est peut-être juste perdu.

Elle avance, prend les chemins au hasard, elle y voit flou à travers ses larmes. La nature silencieuse lui renvoie ses appels et elle sent tout son désespoir dans cet écho. À croire que la montagne elle-même retient son souffle.

Soudain elle sent quelqu’un lui attraper le bras. Elle se dégage violemment et se retourne pour voir qui essaie de l’arrêter. Elle se retrouve en face de Lionnel Pantel. Son visage est fermé, dur et froid.

— Un petit conseil, Cendrillon, si tu ne veux pas de problème : arrête ça, tout de suite, et va faire ton travail.

Anna est sous le choc, elle ne répond rien.

— Ne te mêle pas de ça… Prends plutôt soin des enfants qui restent.

— Comment peux-tu rester là, à ne rien faire, il n’a que huit ans, il faut essayer de le retrouver.

Lionnel s’avance vers elle menaçant :

— Je t’ai dit de retourner à l’école !

Anna recule d’un pas :

— Et si c’était ton fils ? Tu ne voudrais pas le retrouver ?

— Non ! Je n’aurai jamais d’enfant ! Je ne saurai pas m’en occuper… Va-t’en !

Anna, apeurée et tremblante de froid, de rage et de douleur, fait demi-tour et reprend le chemin de l’école. Elle n’entend pas Lionnel murmurer :

— Il faut que je la surveille… et de près !

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